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Lucien Le Guern

Lucien LE GUERN est né le 14 novembre 1914 au Mans, où ses parents s'étaient installés, et est mort le 27 janvier 1981 à  Eveux, Rhône). Il était le fils unique de Louis Le Guern, militaire de carrière et officier, et de son épouse née Gabrielle Renard. Sourd, artiste-peintre, religieux dominicain : ces trois termes résument la vie riche de Lucien Le Guern, qui prit, en religion, le nom de frère Louis-Gabriel.

 

Devenu sourd à l'âge de dix-huit mois, Lucien fut d'abord scolarisé à l'INJS de Paris puis à l'Institution Régionale des Sourds de Saint-Jean-de-la-Ruelle, près d’Orléans où il a suivi une formation de décorateur sur faïence avant de se former à la peinture. Il est allé travailler à la faïencerie Tessier à Malicorne-sur-Sarthe, près du Mans et a suivi des cours aux Beaux-Arts. Il a peint de très nombreux et très impressionnants tableaux. Ceux-ci traitent de sujets variés : paysages, portraits, scènes de l'exode de la seconde guerre mondiale et, surtout de sujets religieux, notamment après son entrée dans la vie religieuse, chez les dominicains (1953). 

 

Ses tableaux  se trouvent dans plusieurs musées français (Laval, Le Mans, Vicq) et principalement chez les dominicains de La Tourette, à Eveux, près de Lyon. C'est là, dans un couvent construit par le grand architecte suisse Le Corbusier, qu'il vécut près de 20 ans. Il avait installé son atelier dans la maison du gardien, atelier qu'il appelait "Le Musée de Dieu". 

 

Ce n'est que quelques temps avant sa mort, en 1981, qu'il eut la reconnaissance de son œuvre, dont le rayonnement, depuis, ne cesse de grandir. Il est inhumé au cimetière des frères dominicains, au couvent de La Tourette.

 

Pour aller plus loin :

On trouvera une notice plus complète de sa vie dans le "Dictionnaire biographie des frères prêcheurs" sur : 

https://journals.openedition.org/dominicains/6768

 

Quelques tableaux de Lucien Le Guern

Autoportrait en peintre

(Musée de Laval)

Fuite en Egypte de la Sainte Famille

(Couvent de Rennes)

 

Chemin de Croix

Apocalypse

(Musée de Laval)

 

Les anges


Défilé sous l'occupation (Seconde guerre mondiale)



La rencontre entre Ferdinand Berthier et l'abbé Henri Lacordaire

 Xavier LOPPINET

 

« Le Frère Prêcheur et le Sourd-Muet, La lente réconciliation
de Lacordaire avec Ferdinand Berthier et le monde des Sourds
»

 

Mémoire dominicaine, n° 34,

Fribourg (Suisse), 2018, p. 169-184

 


Résumé : Dans une conférence de carême à Notre-Dame de Paris (avril 1836), l’Abbé Henri Lacordaire s’adressa ainsi aux incrédules : « Pardonnez-moi de vous le dire, vous êtes les sourds-muets de l’ordre divin ». 

 

Cette formule allait susciter une très vive réaction de Ferdinand Berthier, figure du monde Sourd, dans une lettre ouverte publiée dans le journal Le Temps (janvier 1837). C’est au cours de son séjour à Nancy (1842-1843) que Lacordaire, alors devenu dominicain, Frère Prêcheur, rencontre effectivement les Sourds, par l’intermédiaire de Joseph Piroux et Jean-Claude Richardin. Il en est vivement impressionné. 

 

Au cours d’un nouveau séjour à Nancy (1844), lors d’une rencontre organisée par Richardin, Lacordaire écrit devant Berthier : « La foi est l’adhésion de l’âme à la parole de Dieu, manifestée à l’homme de quelque manière que ce soit. » La réconciliation est alors scellée. 

 

Dans une nouvelle conférence à Notre-Dame (mars 1848), Lacordaire fait, cette fois, un vibrant hommage à l’Abbé de l’Épée. L’article se termine par la question : le Sourd peut-il devenir Prêcheur ?

 

Documents transmis par Fr. Xavier Loppinet, Coordination Pastorale des Sourds de France

 

 

Le texte complet de l’article est disponible en téléchargement ci-dessous